| Cinéma : Rapt
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Drame Thriller de Lucas Belvaux
Homme d'industrie et de pouvoir, Stanislas Graff est enlevé un matin comme les autres devant son immeuble par un commando de truands.Commence alors un calvaire qui durera plusieurs semaines. Amputé, humilié, nié dans son humanité, il résiste en ne laissant aucune prise à ses ravisseurs. Il accepte tout sans révolte, sans cri, sans plainte, c'est par la dignité qu'il répond à la barbarie...
En janvier 1978, l'enlèvement du baron Empain, à l'époque riche héritier et PDG du groupe Empain-Schneider, défrayait la chronique. Avec 'Rapt', en transposant librement l'affaire dans un contexte contemporain, Lucas Belvaux a choisi d'en réactiver les enjeux tout en se libérant du cadre rigide de la reconstitution historique. Le baron Empain devient Stanislas Graff, une grosse tête de l'industrie à l'existence solitaire. L'enlèvement n'est finalement qu'un point d'ancrage sur lequel le réalisateur s'appuie pour développer toute une réflexion autour du parcours personnel de cet homme de pouvoir, incarné à l'écran par un Yvan Attal souverain, délivrant sans doute là l'une de ses interprétations les plus brillantes. Toujours sur le fil, entre sobriété et puissance, fragilité et autorité. Certes, le film n'élude pas la brutalité du kidnapping et de ses ravisseurs, ni l'humiliation quotidienne de la séquestration. Pour autant, le rapt ne constitue pas une fin en soi mais un moyen de révéler les tensions et la violence bien plus ordinaire qu'il génère à l'"extérieur". Qu'elle soit publique, familiale ou intime, Graff s'était efforcé de préserver l'imperméabilité de chacune de ses "vies". Elles se retrouvent malgré lui soudain réunies. Le réalisateur filme cet équilibre fragile qui s'écroule, gangrené par les conflits d'intérêts financiers, politiques et médiatiques. Au nom du pragmatisme, on renie, on remplace, on écrase, on élimine. Chacun abat ses cartes. Chacun a ses raisons, d'Etat ou financières. Belvaux dresse le portrait d'une société moderne indécente, plus soucieuse des soubresauts du CAC 40 que des persécutions infligées à cet homme. Contre tous les "il l'a bien cherché", Lucas Belvaux épluche consciencieusement les rouages malsains du pouvoir ainsi que les plus vils instincts d'une vindicte populaire prête à justifier les pires atrocités. Et pose finalement la question de la barbarie et de sa véritable nature.
France, 2009, 2h05, accessible dès 13 ans
Avec Yvan Attal, Anne Consigny, André Marcon...
Organisation CINECO : 04 66 45 94 41 |
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